Plus haut ou plus large ?

Aujourd’hui, meilleure prise de conscience. Votée en février, une nouvelle loi sur le même sujet vient de dépasser le délai référendaire. La voici donc en vigueur. Il était temps, car Genève continue d’accueillir bon an mal an 3000 nouveaux résidents. Où les loger ? En largeur ou en hauteur ? Dans la couronne encore verte ou dans une ville mieux aménagée ? Alphonse Allais proposait la solution salubre : « On devrait construire les villes à la campagne car l'air y est plus pur ! » Aussi farfelu soit-il, le conseil n’est pas sans hanter certains esprits favorables à une forte extension horizontale de l’agglomération.

Logo CGIDéputé libéral et Secrétaire général de la Chambre immobilière genevoise, Christophe Aumeunier oppose une solution certes partielle, mais réaliste. Dès 2006, il défendait bec et ongles le projet de rehaussement de certains immeubles (en zones 2 et 3). Aujourd’hui, ses arguments d’instigateur n’ont pas changé. Ils envisagent toujours la difficulté quasi insurmontable à trouver un toit pour les jeunes couples, le taux de vacance inférieur à 0,2%, les 32'000 nouveaux logements indispensables au cours de la présente décennie, la nécessité de préserver au maximum nos maigres espaces verts cantonaux et de ne pas compliquer le chaos des pendulaires. Ils ajoutent le préjudice fiscal : « Les contribuables aisés émigrent dans les autres communes du canton, en France voisine, vers Nyon et au-delà. Autant de ressources perdues pour la ville. »

A quand une table ronde ?

Le rehaussement n’est pas le seul combat de la Chambre immobilière genevoise. Aujourd’hui, elle impulse en particulier la révision de la LDTR, ou Loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation. Cette LDTR ne permet pas de répercuter sur les loyers le coût des rénovations. Christophe Aumeunier en tire les conséquences : « Le parc immobilier genevois est environ deux fois moins bien entretenu que le parc helvétique en général, lui-même loin du podium européen. Une concertation nous semble indispensable et urgente. C’est la bonne méthode, celle de la table ronde que pratique Mark Muller, le Conseiller d’État en charge du Département des Constructions et des Technologies de l'Information. Les locataires sont concernés par leurs conditions de vie. Nous présumons que la majorité saura mesurer l’agrément et l’intérêt d’habiter un parc immobilier rénové. »

Immeubles à impériale

Christophe Aumeunier, Député libéral et Secrétaire général CGI« La nouvelle loi prend en considération la luminosité dans les étages inférieurs, souligne Christophe Aumeunier. Pour une rue large de 21 mètres : un étage supplémentaire. Pour une rue de plus de 24 mètres : deux étages. Ainsi, les bâtiments pourront-ils atteindre une hauteur située entre 24 et 30 mètres, contre 21 à 27 aujourd’hui. Ainsi, logeront-ils plus de monde sur la même surface. Il va sans dire que les bâtiments de grande valeur architecturale ou historique sont exclus du programme ».

Question : Le jeu en vaut-il la chandelle ?

« Genève produit annuellement 1300 logements environ. Le rehaussement dans les zones considérées devrait en ajouter 200 à 300 sur une durée de 5 à 10 ans. La loi apporte une réponse parmi d’autres à un écrasant besoin. Il faut souligner que le rehaussement valorise le patrimoine immobilier concerné, ce dont les propriétaires ne peuvent que se réjouir. »